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Aux urnes, Pierrefittoises !

Liste d'union de la résistance - Elections municipales du 29 avril 1945 à Pierrefitte-sur-Seine.
Liste d’union de la résistance – Elections municipales du 29 avril 1945 à Pierrefitte-sur-Seine. [1K9_28]
En France, les femmes votent pour la première fois lors des élections municipales du 29 avril 1945. À Pierrefitte, la liste électorale double par rapport à 1939 et cinq femmes sont candidates !

En effet, les mouvements de résistance français s’unissent en 1943 au sein du Comité français de Libération nationale (CFLN) et créent une « assemblée consultative provisoire » qui tient ses sessions à Alger jusqu’en juillet 1944.

C’est ainsi qu’avant même la Libération de la France, cette assemblée vote par 51 voix contre 16 le fait que « les femmes [deviennent] éligibles et électrices dans les mêmes conditions que les hommes ». Cet amendement est déposé par un homme politique bien connu à Pierrefitte, Fernand Grenier, député communiste de Saint-Denis dès 1937, directeur du journal local Saint-Denis Républicain jusqu’en 1978. Grâce à ce vote, cette mesure est intégrée à l’ordonnance « portant organisation des pouvoirs publics en France après la Libération » signée le 21 avril 1944 par le Général de Gaulle.

À Pierrefitte, 7 415 personnes s’inscrivent sur les listes électorales. Il n’y avait que 3 600 électeurs avant-guerre…

Portrait des volontaires du poste de secours installé à la mairie de Pierrefitte-sur-Seine en août 1944. [3Fi4_161]
Nous n’avons aucune photographie des conseillères municipales de 1945. Cependant, de nombreuses femmes se sont engagées avec la Croix-Rouge au moment de la Libération… Dans ce portrait des volontaires du poste de secours installé à l’hôtel de ville en août 1944, se trouvent peut-être certaines de nos premières élues ! [3Fi4_161]
4 femmes sont candidates sur la liste d’Union de la Résistance et sont toutes élues conseillères municipales. Jeanne Sauvadet, 43 ans, était employée de bureau et membre de la SFIO (futur parti socialiste). Odette Maury, 28 ans, était militante de l’Assistance française. Madeleine Rolland, 30 ans, était sténo-dactylo et membre de l’Union des Femmes françaises (UFF). Enfin, Léonie Cornet, ménagère, 46 ans, était membre du parti communiste.

Dans la liste des candidats indépendants, figurait aussi Hélène Senèze, retraitée des hôpitaux de Paris, qui n’a pas été élue.

Les élues sont toutes membres d’un parti politique ou d’une organisation de la Résistance. L’UFF fédérait les comités féminins de la Résistance formés dès 1940 par le parti communiste. L’Assistance française, créée en 1943 par l’UFF, apportait de l’aide aux familles de prisonniers, déportés et fusillés.

Lors des élections suivantes, ces femmes ne sont plus candidates. Elles ont cependant ouvert la voie. En 1947, Marguerite Bisson-Druard est élue et devient 2e adjointe au Maire. En 1953, elle est rejointe par Gisèle Policard-Laloue, 5e adjointe. Il faudra ensuite attendre 1998 pour que le dernier palier soit franchi : Catherine Hanriot devient alors la première femme maire de Pierrefitte.