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Solidarités de guerre

En 1914-1918, la guerre déstabilise l’économie française et l’approvisionnement des familles. À Pierrefitte, comme partout en France, la solidarité s’organise !

Dès le premier jour de la guerre, le conseil municipal se préoccupe de la « distribution des denrées ». Deux décisions sont prises immédiatement : la réquisition des vaches « pour qu’elles ne puissent être enlevées de la commune »et l’ouverture d’un premier crédit de 500 francs « pour distributions de secours aux familles nécessiteuses pendant la guerre ».

Extrait de la délibération du conseil municipal relative à la mobilisation générale (1er août 1914).

Cinq jours plus tard, le budget est complètement bouleversé pour que 29 000 francs soient affectés à ces secours « du fait de l’état de guerre », tandis que 4 000 francs sont provisionnés pour les « frais de réquisition pour nourriture et logement des troupes ». Des distributions « en nature » et des soupes populaires sont organisées pour les Pierrefittois et les nombreux réfugiés qui affluent dans la commune après l’invasion de la Belgique et des régions du Nord Est par les Allemands. Un stock communal de charbon est créé en 1915. Tout au long de la guerre, le ravitaillement devient le premier souci de la population et des élus.

Des collectes de fonds

Carte postale « Journée du Poilu » illustrée par Francisque Poulbot, 25-26 décembre 1915 (4Fi33).
Reçu remis à la mairie de Pierrefitte en janvier 1916 contre remise des sommes collectées lors de la « Journée du Poilu ».

Les initiatives privées sont aussi nombreuses pour encourager la collecte de fonds. Beaucoup sont relayées à Pierrefitte pour venir en aide aux réfugiés, aux soldats au front, aux populations des régions dévastées, aux orphelins de guerre, etc. Dès 1914, la municipalité soutient localement la création d’un « comité de dames », dit « oeuvre du vêtement », qui collecte des dons pour « procurer des vêtements chauds aux familles nécessiteuses et chargées d’enfants ».

Les 25 et 26 décembre 1915, les Pierrefittois participent à la « Journée du Poilu » qui vise à rassembler de l’argent pour « permettre aux combattants sans famille et sans ressources suffisantes de profiter de leur permission ». Les archives municipales conservent trois cartes postales vendues alors au profit de cette oeuvre. Le dossier permet aussi de consulter le reçu remis à la mairie de Pierrefitte contre remise de 404,62 francs au profit de ces poilus…


Extrait des délibérations du conseil municipal de Pierrefitte (10 août 1915).

Un ouvroir municipal pour donner du travail aux femmes

Enfin, le conseil crée un « ouvroir municipal » en août 1915, où sont fabriqués caleçons, chemises et pantalons vendus au Ministère de l’Armée. Créés dans de nombreuses communes de la région parisienne, ces ateliers donnaient du travail aux femmes tout en soutenant l’effort de guerre et en réduisant les dépenses sociales des communes. À Pierrefitte en décembre 1916, l’atelier embauchait 150 ouvrières installées dans les locaux de l’école de la rue de Saint-Denis (aujourd’hui Anatole-France).

L’ouvroir cessera son activité seulement en janvier 1920.