Au feu ! Histoire des pompiers à Pierrefitte

Alors que les pompiers pierrefittois découvrent depuis l’été 2018 un tout nouveau centre de secours, retour sur l’histoire des soldats du feu dans notre commune.

1836, les premiers sapeurs pierrefittois
Le premier corps de sapeurs pompiers est créé par le conseil municipal en 1836. Douze hommes sont choisis parmi les habitants « les plus sédentaires » pour pouvoir être plus rapidement présents en cas d’incendie. Ils ne touchent pas de solde, mais sont exemptés de l’obligation de loger les troupes militaires. L’avantage n’est pas mince dans une commune comme Pierrefitte, ravagée par les guerres napoléoniennes en 1815 et située aux portes de l’agglomération parisienne. L’instabilité politique du XIXe siècle ne favorise sans doute pas cette installation, car en 1852, le service
n’existe plus et le conseil municipal tente de le reformer.

Les pompiers 1900
À partir de 1875, le corps de sapeurs pompiers est réorganisé de manière pérenne et encadré par un sous-lieutenant. Il se compose de 16 hommes en moyenne jusque dans les années 1930, tous bénévoles et exerçant déjà une activité professionnelle. Comme le montre une liste de 1906, ils sont employé de commerce, cultivateur, journalier, ajusteur… Ils touchent cependant une indemnité pour temps « passé au feu » et depuis 1886, ils cotisent à une société de secours mutuelle pour bénéficier d’une aide en cas de maladie ou de décès, et d’une petite pension de retraite.
L’équipement des pompiers est régulièrement abordé en conseil municipal : l’achat de pompes, de tuyaux et matériels, la construction en 1882 d’une première remise à pompe près des écoles, enrichie d’une tour séchoir en 1906, l’installation de bouches d’incendie, mais aussi le renouvellement des vêtements réglementaires. Dans les années 1920, la ville se dote de ses premiers extincteurs et d’une motopompe.

1938 : un effort de modernisation
En 1938, le conseil municipal modernise la lutte contre les incendies en construisant un véritable pavillon à incendie rue Étienne-Dolet pour « donner à la commune des moyens de défense en cas de sinistre ou au titre de la défense passive. » La guerre est proche… Le projet comprend alors construction d’une vaste remise « pouvant garer quatre grands véhicules », mais aussi « un corps de garde, un bureau pour le conseil d’administration, la reconstruction du séchoir avec lavoir pour les tuyaux de toile » et des logements. Du matériel neuf est acquis. Une sirène d’alerte est installée sur le toit de la mairie, qui peut être déclenchée depuis le poste de secours grâce à une liaison téléphonique. L’effectif des pompiers est augmenté et une astreinte permanente est désormais organisée. Six pompiers, également employés municipaux, sont logés avec leur famille dans la caserne pour faciliter le départ des secours jour et nuit.
Ces nouvelles installations sont utilisées par les pompiers dès janvier 1939 et inaugurées le 9 juillet, en même temps que les nouveaux locaux de la mairie, les bâtiments de la voirie et le square Vornière.

1940 : Le rattachement au régiment des pompiers de Paris
Malheureusement, à compter du 1er avril 1940, la lutte contre les incendies dans le département de la Seine passe à la charge des Pompiers de Paris, qui réquisitionnent les locaux, le matériel et une partie des officiers et sapeurs (pourtant employés communaux). Le poste permanent de Pierrefitte est en usage jusqu’en décembre 1942 et officiellement supprimé en 1944. À partir de cette date, la protection de la commune dépend alors de la 26e compagnie du régiment des sapeurs pompiers de Paris, installée à Saint-Denis.
Dans l’après-guerre, cette situation déclenche de nombreuses protestations. Jusqu’en 1950, le conseil municipal refuse de payer la contribution financière obligatoire pour l’entretien des pompiers, tant que la ville n’aura pas été indemnisée pour les réquisitions du matériel tout neuf de 1940. En 1947, le conseil demande même l’autorisation de remettre en place le corps de pompiers bénévoles d’avant-guerre…

1977 : Retour à Pierrefitte
Les bâtiments sont progressivement occupés par des services municipaux et par des associations. En 1975, quand le corps des sapeurs de Paris demande à occuper à nouveau ces bâtiments, il faut reloger le conservatoire de musique, un magasin de stockage des services techniques, le service des contributions indirectes, le concierge des ateliers municipaux et le photo-club.

Le 1er juillet 1977, les pompiers réintègre enfin ce bâtiment conçu pour eux, qu’ils occuperont cette fois pendant plus de 40 ans…

2018 : Le nouveau centre des Tartres